La Grande Loge de France a décidé de placer le texte des Obligations en tête de ses propres Constitutions, comme référence à la pure et authentique tradition maçonnique dont elle entend maintenir le respect.

Les Anciennes Obligations des MAÇONS FRANCS ET ACCEPTÉS

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TETES DE CHAPITRES
savoir :

  • I — Concernant DIEU et la RELIGION.
  • Il — Du MAGISTRAT CIVIL Suprême et Subordonné.
  • III — Des LOGES.
  • IV — Des MAITRES, Surveillants, Compagnons et Apprentis.
  • V — De la Direction du METIER pendant le travail.
  • VI — De la CONDUITE, à savoir :
    1. Dans la Loge quand elle est constituée.
    2. Conduite après fermeture de la Loge et avant le départ des Frères.
    3. Conduite quand des Frères se rencontrent sans présence Etrangère mais hors d'une Loge constituée.
    4. Conduite en présence d'Etrangers non Maçons.
    5. Conduite Chez Vous et dans votre Entourage.
    6. Conduite envers un Frère étranger.

I. Concernant DIEU et la RELIGION

Un MAÇON est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irreligieux. Mais, quoique dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d'appartenir à la Religion de ce Pays, ou de cette Nation, quelle qu'elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette Religion que tous les Hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou Hommes d'Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer ; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d'Union et le Moyen de nouer une véritable Amitié parmi des Personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement Eloignées.

II. Du MAGISTRAT CIVIL SUPREME et SUBORDONNE

Un Maçon est un paisible Sujet à l'égard des Pouvoirs Civils, en quelque lieu qu'il réside ou travaille, et ne doit jamais être mêlé aux Complots et Conspirations contre la Paix et le Bien-Etre de la Nation, ni manquer à ses devoirs envers les Magistrats inférieurs ; car la Maçonnerie a toujours pâti de la Guerre, de l'Effusion de Sang et du Désordre ; aussi les anciens Rois et Princes ont toujours été fort disposés à encourager les Frères, en raison de leur Caractère Pacifique et de leur Loyauté par lesquels ils répondaient en fait aux chicanes de leurs Adversaires et défendaient l'Honneur de la Fraternité qui fut toujours floris¬sante dans les Périodes de Paix.

Aussi, si un Frère devenait Rebelle envers l'Etat, il ne devrait pas être soutenu dans sa Rébellion, quelle que soit la pitié que puisse inspirer son infortune ; et s'il n'est convaincu d'aucun autre Crime, bien que la loyale Confrérie ait le devoir et l'obligation de désavouer sa Rébellion, pour ne provoquer aucune Inquiétude ni Suspicion politique de la part du Gouvernement au pouvoir, il ne peut pas être chassé de la Loge et ses relations avec elle demeurent indissolubles.

III. Des LOGES

Une LOGE est un Lieu où des Maçons s'assemblent pour travailler : d'où le nom de LOGE qui est donné à l'Assemblée ou à la Société de Maçons régulièrement organisée, et l'obligation pour chaque Frère d'appartenir à l'une d'elles et de se soumettre à ses Règlements Particuliers ainsi qu'aux Règlements généraux. La Loge est soit particulière, soit générale et plus on la fréquente, mieux on la comprend, de même que les Règlements de la Loge générale ou Grande Loge annexée ci-après.

Dans les Temps anciens, aucun Maître ou Compagnon ne pouvait s'en absenter, spécialement lorsqu'il y avait été convoqué, sans encourir une sévère Censure à moins que le Maître ou les Surveillants n'aient constaté qu'il en avait été empêché par une impérieuse nécessité.

Les Personnes admises comme membres d'une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l'Age de la maturité d'esprit et de la Prudence, ni Serfs ni Femmes ni Hom¬mes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.

IV. Des MAITRES, SURVEILLANTS, COMPAGNONS et APPRENTIS

Toute Promotion parmi les Maîtres Maçons est fondée unique¬ment sur la Valeur réelle et sur le Mérite personnel ; afin que les Seigneurs puissent être bien servis, que les Frères ne soient pas exposés à l'Humiliation et que l'Art Royal ne soit point décrié : pour cela aucun Maître ou Surveillant n'est choisi à l'Ancienneté, mais bien pour son Mérite. Il est impossible de dépeindre ces choses par écrit, chaque Frère doit rester à sa propre place et les étudier selon les méthodes particulières de cette Confrérie. Tout ce que les Candidats peuvent savoir c'est qu'aucun Maître n'a le droit de prendre un Apprenti s'il n'a pas un Travail suffisant à lui fournir et s'il n'est pas un Jeune Homme parfait ne souffrant d'aucune Mutilation ou Tare Physique qui puisse l'empêcher d'apprendre l'Art et de servir le Seigneur de son Maître et de devenir un Frère, puis un Compagnon en temps voulu après avoir servi durant le Nombre d'Années fixé par la Coutume du Pays et s'il n'est issu de Parents honnêtes ; ceci afin qu'après avoir acquis les qualités requises il puisse parvenir à l'Honneur d'être le Surveillant, puis le Maître de la Loge, le Grand Surveillant et enfin, selon son Mérite, le Grand Maître de toutes les Loges.

Nul Frère ne peut être Surveillant avant d'avoir passé le degré de Compagnon ; ni Maître avant d'avoir occupé les fonctions de Surveillant ; ni Grand Surveillant avant d'avoir été Maître d'une Loge, ni Grand Maître s'il n'a pas été Compagnon avant son Election. Celui-ci doit être, en outre, de noble naissance ou GENTILHOMME de bonnes Manières ou quelque SAVANT éminent ou quelque ARCHITECTE distingué ou quelque autre HOMME DE L'ART d'une honnête ascendance et jouissant d'une grande Estime personnelle dans l'Opinion des Loges. Et afin de pouvoir s'acquitter le plus utilement, le plus aisément et le plus honorablement de son Office, le Grand Maître détient le pouvoir de choisir son propre Député Grand Maître qui doit être alors ou avoir été précédemment le Maître d'une Loge particulière et qui a le Privi¬lège d'agir comme le ferait le Grand Maître lui-même, son Com¬mettant, sauf quand le dit Commettant est présent ou qu'il mani¬feste son Autorité par une Lettre.

Ces Administrateurs et Gouverneurs, supérieurs et subal¬ternes de la Loge ancienne, doivent être obéis dans leurs Fonc¬tions respectives par tous les Frères, conformément aux Anciennes Obligations et Règlements, en toute Humilité, Révérence, Amour et Diligence.

V. De la Direction du Métier pendant le Travail

Tous les Maçons travailleront honnêtement pendant les jours ouvrables afin de profiter honorablement des jours de fête ; et l'horaire prescrit par la Loi du Pays ou fixé par la coutume sera respecté.

Le Compagnon Maçon le plus expert sera choisi ou délégué en qualité de Maître ou Surintendant des Travaux du Seigneur ; ceux qui travaillent sous ses ordres l'appelleront Maître. Les Ouvriers doivent éviter tout Langage déplacé, et ne point se donner entre eux de sobriquets désobligeants, mais s'appeler Frère ou Compagnon ; et se conduire avec courtoisie à l'intérieur de la Loge.

Le Maître, confiant en son Habileté, entreprendra les Travaux du Seigneur aussi raisonnablement que possible et tirera parti des matériaux comme s'ils étaient à lui, ne donnant à aucun Frère ou Apprenti plus que le salaire qu'il mérite vraiment.

Le Maître et les Maçons recevant chacun leur juste Salaire seront fidèles au Seigneur et achèveront leur Travail conscien¬cieusement, qu'il soit à la Tâche ou à la Journée ; et ils n'effec¬tueront pas à la Tâche l'Ouvrage qu'on a l'habitude de faire à Temps.

Nul ne se montrera Envieux de la Prospérité d'un Frère ni ne le supplantera, ni ne l'écartera de son Travail s'il est capable de le mener à bien ; car personne ne peut achever le Travail d'autrui, à l'avantage du Seigneur, sans être parfaitement au courant des Projets et Conceptions de celui qui l'a commencé.

Quand un Compagnon Maçon est désigné comme Surveillant des Travaux sous la conduite du Maître, il sera équitable tant à l'égard du Maître que des Compagnons, surveillera avec soin le Travail en l'absence du Maître dans l'intérêt du Seigneur ; et ses Frères lui obéiront.

Tous les Maçons employés recevront leur salaire uniment, sans Murmure ni Révolte, et ne quitteront pas le Maître avant l'achèvement du Travail.

On instruira un Frère plus jeune dans le travail pour que les Matériaux ne soient point gâchés par manque d'Expérience et pour accroître et consolider l'Amour Fraternel.

On n'utilisera dans le travail que les Outils approuvés par la Grande Loge.

Aucun Manœuvre ne sera employé aux Travaux propres à la Maçonnerie ; et les Francs-Maçons ne travailleront pas avec ceux qui ne sont pas francs, sauf nécessité impérieuse ; et ils n'instruiront ni les Manœuvres ni les Maçons non acceptés, comme ils instruiraient un Frère ou un Compagnon.

VI. De la CONDUITE, savoir :

1. Dans la LOGE quand elle est CONSTITUEE.

Vous ne devez pas tenir de Réunions privées, ni de Conver¬sations à part sans Autorisation du Maître, ni parler de choses inopportunes ou inconcevantes ; ni interrompre le Maître, ou les Surveillants ni aucun Frère parlant au Maître : ne vous conduisez pas non plus de manière ridicule ou bouffonne quand la Loge traite de choses sérieuses et solennelles ; et sous aucun prétexte n'usez d'un Langage malséant ; mais manifestez à votre Maiitre, à vos Surveillants et à vos Compagnons la Déférence qui leur est due et entourez-les de respect.

Si quelque Plainte est déposée, le Frère reconnu coupable s'inclinera devant le Jugement et la Décision de la Loge, qui est le seul Juge compétent pour tous ces Différends (sous réserve d'Appel devant la Grande Loge), et c'est à elle qu'il doit être déféré, à moins que le Travail d'un Seigneur ne risque d'en souffrir, dans lequel cas il serait possible de recourir à une Procédure particulière ; mais les affaires Maçonniques ne doivent jamais être portées en Justice, à moins d'absolue Nécessité dûment constatée par la Loge.

2. CONDUITE après fermeture de la LOGE et avant le départ des FRERES.

Vous pouvez jouir d'innocents plaisirs, vous traitant récipro¬quement suivant vos Moyens, mais en évitant tout Excès et en n'incitant pas un Frère à manger ou à boire plus qu'il n'en a envie, en ne le retenant pas lorsque ses Affaires l'appellent, en ne faisant et en ne disant rien d'offensant ou qui puisse interdire une Conversation aisée et libre ; car cela détruirait notre Harmonie, et ruinerait nos louables Desseins. C'est pourquoi aucune Brouille ni Querelle privée ne doit passer le Seuil de la Loge, et moins encore quelque Querelle à propos de la Religion, des Nations ou de la Politique car comme Maçons nous sommes seulement de la Religion Catholique mentionnée ci-dessus ; nous sommes aussi de toutes Nations, Idiomes, Races et Langages et sommes résolument contre toute POLITIQUE comme n'ayant jamais contri¬bué et ne pouvant jamais contribuer au Bien-Etre de la Loge. Cette Obligation a toujours été strictement prescrite et respectée ; surtout depuis la Réforme en Grande-Bretagne, ou la Séparation et la Sécession de ces Nations de la Communion de Rome.

3. CONDUITE quand des FRERES se rencontrent sans présence étrangère mais hors d'une LOGE CONSTITUEE.

Vous devez vous saluer réciproquement de manière cour¬toise, comme on vous l'enseignera, vous appelant mutuellement Frère, échangeant librement des Instructions que vous jugerez utiles, sans être vus ni entendus, sans prendre le pas l'un sur l'autre, ni manquer aux marques de Respect qui seraient dues à un Frère, s'il n'était pas Maçon : car quoique les Maçons en tant que Frères soient tous sur un pied d'Egalité, la Maçonnerie ne prive pas un Homme des Honneurs auxquels il avait droit aupara¬vant ; bien au contraire, elle ajoute à ces Honneurs, spécialement lorsqu'il a bien mérité de la Fraternité qui se plaît à honorer ceux qui le méritent et à proscrire les mauvaises manières.

4. CONDUITE en Présence d'ETRANGERS non MAÇONS.

Vous serez circonspects dans vos Propos et dans votre Comportement, pour que l'Etranger le plus perspicace ne puisse découvrir ni deviner ce qu'il ne doit pas connaître, et vous aurez parfois à détourner la Conversation et à la conduire prudemment pour l'Honneur de la vénérable Fraternité.

5. CONDUITE Chez Vous et dans votre Entourage.

Vous devez agir comme il convient à un homme sage et de bonnes mœurs ; en particulier n'entretenez pas votre Famille, vos Amis et Voisins des Affaires de la Loge, etc., mais soyez particulièrement soucieux de votre propre Honneur, et de celui de l'ancienne Fraternité, ceci pour des Raisons qui n'ont pas à être énoncées ici. Ménagez aussi votre Santé en ne restant pas trop tard ensemble ou trop longtemps dehors, après les Heures de réunion de la Loge ; et en évitant les excès de bonne chère ou de boisson, afin que vos Familles ne souffrent ni désaffection ni dommage, et que vous-même ne perdiez pas votre capacité de travail.

6. CONDUITE envers un FRERE étranger.

Vous devez l'éprouver consciencieusement de la Manière que la Prudence vous inspirera, afin de ne pas vous en laisser imposer par un Imposteur ignorant, que vous devez repousser avec Mépris et Dérision, en vous gardant de lui dévoiler la Moindre Connais¬sance.

Mais si vous le reconnaissez comme un Frère authentique et sincère, vous devez lui prodiguer le respect qu'il mérite ; et s'il est dans le besoin, vous devez le secourir si vous le pouvez, ou lui indiquer comment il peut être secouru : vous devez l'em¬ployer pendant quelques jours ou le recommander pour qu'on l'emploie.

Vous n'êtes pas obligé de faire plus que vos moyens ne vous le permettent mais seulement dans des circonstances iden¬tiques, de donner la préférence à un Frère pauvre, qui est un Homme bon et honnête, avant toute autre Personne dans le besoin.

Enfin, toutes ces OBLIGATIONS doivent être observées par vous, de même que celles qui vous seront communiquées d'autre manière ; cultivez l'Amour Fraternel, Fondement et clé de voûte, Ciment et Gloire de cette ancienne Fraternité, repoussez toute Dispute et Querelle, toute Calomnie et Médisance, ne permettez pas qu'un Frère honnête soit calomnié, mais défendez sa Répu¬tation, et fournissez-lui tous les Services que vous pourrez, pour autant que cela soit compatible avec Honneur et votre Sûreté, et pas au-delà. Et si l'un d'eux vous fait Tort, vous devez recourir à votre propre Loge ou à la sienne, ensuite vous pouvez en appeler à la GRANDE LOGE en Assemblée Trimestrielle, et ensuite à la GRANDE LOGE annuelle, selon l'ancienne et louable Coutume de nos Ancêtres dans chaque Nation ; n'ayez jamais recours à un procès en Justice sinon quand l'Affaire ne peut pas être tranchée autrement, et écoutez patiemment les Conseils du Maître et des Compagnons lorsqu'ils veulent vous éviter de comparaître en Justice avec des Profanes ou vous inciter à mettre un terme rapide à toutes Procédures, ceci afin que vous puissiez vous occuper des Affaires de la MAÇONNERIE avec plus d'Alacrité et de Succès ; mais en ce qui concerne les Frères ou Compagnons en Procès, le Maître et les Frères doivent offrir bénévolement leur Médiation, à laquelle les Frères en opposition doivent se soumettre avec gratitude ; et si cet Arbitrage s'avère impraticable, ils doivent alors poursuivre leur Procès ou Procédure-Légale, sans Aigreur ni Rancune (contrairement à l'ordinaire) en ne disant et en ne faisant rien qui puisse altérer l'Amour fraternel, et les bonnes Relations doivent être renouées et poursuivies ; afin que tous puissent constater l'Influence bienfaisante de la MAÇONNERIE, ainsi que tous les vrais Maçons l'ont fait depuis le commencement du Monde et le feront jusqu'à la fin des Temps.

AMEN, AINSI SOIT-IL.

Recueillies par l'Auteur dans leurs Anciennes Archives, sur l'ordre du Grand Maître, l'actuel Duc de Montaigu.
Approuvées par la Grande Loge et imprimées par ordre dans la première Edition du Livre des Constitutions, le 25 mars 1722.

DECLARATION DE PRINCIPES DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE

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- I -

La Grande Loge de France travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.

- II -

Conformément aux traditions de l’Ordre, trois Grandes Lumières sont placées sur l’autel des Loges : l’Équerre, le Compas et un Livre de la Loi Sacrée. Les Obligations des Maçons sont prêtées sur ces trois Lumières.

- III -

La Grande Loge de France proclame son indéfectible fidélité et son total dévouement à la Patrie.

- IV -

La Grande Loge de France et ses Loges ne s’immiscent dans aucune controverse touchant à des questions politiques ou confessionnelles. Pour l’instruction des Frères, des exposés sur ces questions, suivis d’échanges de vues, sont autorisés. Toutefois, les débats sur ces sujets, ne doivent jamais donner lieu à un vote, ni à l’adoption de résolutions, lesquels seraient susceptibles de contraindre les opinions ou les sentiments de certains Frères.

- V -

En ce qui concerne les principes autres que ceux définis ci-dessus, la Grande Loge de France se réfère aux Anciens Devoirs, notamment quant au respect des traditions de la Franc-maçonnerie et quant à la pratique scrupuleuse et sérieuse du Rituel et du Symbolisme en tant que moyens d’accès au contenu initiatique de l’Ordre.

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Quelques mots d’explication.

- I -

Sur le Grand Architecte de l’Univers : un principe et un symbole.

La Grande Loge de France n’exige pas de ses membres la croyance en « Dieu et sa volonté révélée » comme le font d’autres obédiences.

Elle fait référence en revanche à un principe créateur / organisateur de l’univers, que la langue du 18ème siècle a appelé « Grand Architecte de l’Univers », et que l’on a conservé sous cette forme pour respecter les textes fondateurs de la maçonnerie traditionnelle.

Le principe.

Il est assimilable à ce que les scientifiques qualifient aujourd’hui de « principe d’unité du monde physique, et qui fait que cet univers tient ensemble et se soutient, en dépit des forces opposées qui le traversent ».

Le Grand Architecte de l’Univers n’est donc pas pour les FM de la GLDF une définition anthropomorphique, théologique ou religieuse, mais un principe dont la référence manifeste leur intérêt pour une démarche de construction de sens, en dehors de l’affirmation des seules valeurs intellectuelles ou éthiques, ouvrant ainsi la voie à une recherche et une construction spirituelle libre, non religieuse, non dogmatique et non autoritaire.

Le symbole.

Mais dans le souci permanent du respect de la liberté de conscience, la GLDF laisse la possibilité à chaque FM de la GLDF de sublimer ce principe en un symbole de son choix et de sa sensibilité, par définition librement interprétable dans son for intérieur : il peut devenir alors le symbole transcendant ou immanent de sa religion – et ceci sans exclusive -en s’interdisant toutefois de vouloir contraindre la conscience des autres membres à se plier à son propre choix.

La liberté de conscience préservée.

Cette démarche affirme ainsi une fois de plus le respect de liberté de conscience dont bénéficie chaque membre de la GLDF et la volonté de l’inscrire dans un projet de contribution à l’émancipation progressive et pacifique des êtres humains par delà les formes religieuses ou idéologiques particulières.

- II -

Sur l’autel des serments

L’Équerre, le Compas et un Volume de la Loi Sacrée composent ce que l’on appelle les Trois Grandes Lumières de la Maçonnerie de Tradition. Ils se trouvent placés sur l’autel des serments et sont symboliquement ouverts et fermés au début et à la fin des travaux pour marquer la nécessaire mais provisoire rupture avec le monde profane.

Ces symboles placent d’emblée la prestation de serment des FM de la GLDF dans la triple dimension de la rationalité, de la spiritualité et de l’éthique qui caractérisent le Rite pratiqué en GLDF.

Ce sacré souligne l’importance du serment maçonnique, son caractère intangible et inviolable.

Ils signifient également, par leur association dynamique, (les trois à la fois) que cette dimension sacrée n’est pas confondue avec le sacré d’une religion particulière, car ce Volume est considéré dans son association avec l’équerre et le compas, comme le symbole d’une Tradition et d’une culture et non celui d’une référence théologique.

Il s’agit une fois encore de préserver en ce domaine la liberté de conscience de chacun de ceux qui s’engagent en GLDF et de les encourager à construire des relations humaines tolérantes et respectueuses de la diversité des cultures et des civilisations.

- III -

Sur la Patrie.

L’obédience manifeste ici clairement son attachement aux valeurs de Liberté, Égalité, Fraternité qui fondent la Nation française et dont la Patrie est une figure au nom de laquelle, au cours de l’histoire, certains – Maçons et non Maçons - ont fait le sacrifice de leur vie.

Fondé sur des valeurs d’émancipation ce patriotisme ne saurait être confondu avec un nationalisme agressif qui voudrait s’imposer aux autres nations. Pas plus qu’il ne saurait accepter des valeurs, non-conformes à ces principes de liberté, et que l’on voudrait lui imposer de quelque façon que ce soit.

- IV -

Sur les controverses politiques et / ou confessionnelles.

La Grande Loge de France et ses Loges considèrent que les controverses politiques ou religieuses n’ont pas leur place dans les travaux en Tenue afin de préserver la volonté de l’institution d’être un centre d’union entre les hommes.

Pour autant, et dans un but pédagogique, elles n’interdisent pas les exposés et débats sur ces questions, refusant en revanche de les conclure par des votes ou des prises de position qui contraindraient la conscience religieuse ou citoyenne des Frères.

Il va de soi que dans le monde profane chaque Frère de la GLDF est libre de participer activement à la vie politique ou d’assumer un engagement religieux – et beaucoup le font -en respectant les principes fondamentaux de respect et de liberté des êtres humains, excluant ainsi par définition les extrémismes politiques ou religieux.

- V -

Sur la Tradition et les Anciens Devoirs

Cette référence situe bien la Grande Loge de France dans le respect des principes de la Franc-maçonnerie traditionnelle, qui ne veut en aucun se réduire à une dimension philosophique, idéologique, scientifique ou religieuse, mais comme une démarche initiatique ayant son périmètre spécifique d’intelligence, non assimilable par aucune autre forme culturelle.

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